Depuis le 22 juillet 2026, les aperçus IA (AI Overviews) et le mode IA (AI Mode) de Google sont déployés en France. Et depuis le 5 octobre, Gemini est également intégré aux nouveaux ordinateurs de Google, les Googlebooks, vendus en France.
Les usages évoluent, les outils se multiplient, et avec eux de nouveaux sigles apparaissent : SEO, AEO, GEO… De quoi donner l'impression qu'il faudrait tout revoir pour rester visible en ligne.
C'est d'ailleurs une question que beaucoup de dirigeants me posent : « Est-ce que je dois tout recommencer ? »
La réponse courte est non. Ces nouvelles façons de chercher ne remettent pas en cause toutes les bases du référencement. Elles les font évoluer. Voici les différences, avec des exemples concrets et des conseils pour savoir par où commencer.
Une image pour tout comprendre : le salon professionnel
Imaginez que le web est un grand salon professionnel. Votre entreprise y tient un stand, et des milliers de visiteurs cherchent la solution à leur problème.
- Le SEO, c'est avoir un stand bien placé et bien signalé. Vous êtes dans la bonne allée, votre enseigne dit clairement ce que vous faites, vous figurez sur le plan du salon. Le visiteur qui cherche votre métier vous trouve. C'est la liste des résultats de Google.
- L'AEO, c'est la réponse donnée directement à l'accueil. Un visiteur pose une question précise à l'accueil : « À quelle heure ouvre le stand des électriciens ? ». L'hôtesse lui lit la réponse sur votre fiche, sans qu'il ait besoin de venir jusqu'à vous. C'est la réponse affichée directement par Google.
- Le GEO, c'est être l'exposant que l'organisateur recommande. Le visiteur va voir l'organisateur et lui demande : « Qui dois-je aller voir pour ça ? ». L'organisateur connaît tous les stands. Il en cite deux, pas vingt. Faites-vous partie de ces deux-là ? Aujourd'hui, cet organisateur, c'est de plus en plus souvent une IA : ChatGPT, Gemini, Perplexity ou l'aperçu IA de Google.
Et pour être recommandé par l'organisateur, encore faut-il avoir un stand bien tenu, clairement identifié et reconnu par les visiteurs. C'est là que le SEO rejoint le GEO : avant d'être recommandé par une IA, il faut déjà être une source claire, fiable et pertinente sur le web.
Une autre image locale : un restaurant à Menton
Concrètement, pour un habitant qui cherche un restaurant à Menton :
- Le SEO, c'est votre restaurant qui apparaît dans la liste des réponses Google quand on tape « restaurant Menton ».
- L'AEO, c'est l'horaire d'ouverture affiché directement, sans cliquer.
- Le GEO, c'est la réponse de ChatGPT ou de l'aperçu IA de Google : « Je vous conseille tel et tel restaurant, très bien notés, avec une terrasse face à la mer. »
Le SEO : être trouvé dans les résultats de recherche
Le SEO (Search Engine Optimization, ou référencement naturel) regroupe tout ce qui aide un moteur de recherche à explorer, comprendre et classer vos pages :
- La technique : un site accessible aux robots, rapide, adapté au mobile, bien indexé, et sans problèmes techniques importants.
- Le contenu : des pages qui répondent précisément à ce que vos clients cherchent, avec des informations précises, structurées et réellement utiles.
- La confiance : des liens depuis d'autres sites, des recommandations, des avis, une expertise visible (qui écrit, pourquoi c'est fiable).
Le résultat attendu : apparaître dans la liste des réponses Google, et obtenir des clics et plus de trafic vers le site.
L'AEO : être la réponse directe
L'AEO (Answer Engine Optimization) est né avec les réponses affichées directement dans la page de résultats (extraits en vedette, encadrés de réponse) et avec les assistants vocaux. L'objectif est que votre contenu soit repris comme réponse à une question précise.
En pratique, formulez clairement les questions que vos clients se posent, répondez-y sans détour, puis apportez les explications nécessaires. Utilisez des titres descriptifs, des paragraphes faciles à parcourir et des informations à jour.
Il n'est pas nécessaire que votre texte soit repris mot pour mot. L'objectif est de fournir une réponse claire et fiable que le système peut comprendre et éventuellement reprendre ou reformuler. Le terme AEO est parfois employé comme synonyme de GEO ; les usages varient selon les professionnels.
Le GEO : être cité par les IA
Le terme GEO (Generative Engine Optimization) a été popularisé par une étude de chercheurs de Princeton, de l'IIT Delhi et d'autres institutions, présentée à la conférence KDD en 2024. Il désigne l'optimisation d'un contenu pour qu'il soit repris et cité dans une réponse générée par une IA.
La différence avec le SEO classique :
- Il n'y a pas une liste de 10 liens, mais une réponse rédigée qui cite quelques sources, parfois une seule.
- La même question peut donner des sources différentes d'un jour à l'autre, ou selon la formulation. Un site n'est donc pas forcément « le meilleur » dans l'absolu pour une IA. Il peut être particulièrement pertinent pour une requête donnée, dans un contexte donné, à un moment donné. Je l'ai constaté lors d'un test que j'ai réalisé et partagé sur LinkedIn.
- Les principaux assistants IA utilisent généralement leurs propres robots d'exploration. OpenAI, par exemple, utilise OAI-SearchBot pour les résultats de recherche de ChatGPT. Si votre site bloque ce robot, il peut ne pas être pris en compte comme source.
Ce que dit Google : « c'est toujours du SEO »
Google a publié en 2026 un guide officiel consacré à la visibilité dans ses fonctionnalités de recherche générative. Sa position est claire : pour Google, optimiser sa présence dans la recherche générative relève toujours du SEO.
Google précise également qu'il n'est pas nécessaire de créer des fichiers spécifiques pour les IA, comme un fichier llms.txt, pour apparaître dans ses résultats, y compris dans ses fonctionnalités d'IA : Google Search n'utilise pas ce fichier.
Cela ne signifie pas que tous les assistants fonctionnent de la même manière. ChatGPT, Gemini, Perplexity et les fonctionnalités d'IA de Google n'ont pas nécessairement les mêmes sources ni les mêmes mécanismes. Parler de GEO sert surtout à se poser les bonnes questions : est-ce que les IA peuvent accéder à mon site ? Est-ce qu'elles me citent ? Qui citent-elles à ma place ?
En résumé : ce que chacun demande à votre site
| SEO | AEO | GEO | |
|---|---|---|---|
| Objectif | Apparaître dans la liste des résultats | Être la réponse affichée directement | Être cité comme source par une IA |
| Où ? | Moteurs de recherche : Google, Bing… | Extraits en vedette, assistants vocaux, réponses directes | ChatGPT, Gemini, Perplexity, AI Mode |
| Ce qu'on mesure | Indexation, positions, clics, trafic | Présence dans les réponses directes | Citations et mentions dans les réponses IA |
| Ce que ça demande | Technique, contenu, confiance | Questions explicites et réponses claires | Contenu fiable et précis, site accessible aux robots IA, réputation de la marque |
La bonne nouvelle : les trois reposent sur la même base. Un site techniquement sain, des contenus qui répondent précisément aux questions de vos clients, une expertise identifiable et une bonne réputation en ligne.
Par où commencer si vous êtes une PME ?
- Vérifiez les bases SEO : votre site est-il indexé, rapide sur PC et mobile, clair sur ce que vous faites et où vous le faites ?
- Répondez aux vraies questions de vos clients : listez les 10 questions qu'on vous pose le plus souvent, et consacrez-leur une réponse claire sur votre site.
- Soignez votre réputation : fiche Google Business Profile complète, avis clients, présence sur les annuaires de votre secteur.
- Vérifiez que les IA peuvent lire votre site : un blocage dans le fichier robots.txt ou au niveau de l'hébergeur peut vous rendre invisible pour certains assistants. Un site accessible à Google n'est pas automatiquement accessible à tous les robots.
- Mesurez : suivez les données disponibles dans vos outils SEO et testez un ensemble stable de questions dans les assistants que vos clients utilisent. Google propose désormais dans Search Console un rapport dédié à vos impressions dans ses fonctionnalités d'IA générative.
FAQ
Le GEO remplace-t-il le SEO ?
Non. Le GEO ne remplace pas le SEO : il le complète. Il s'appuie sur les mêmes fondamentaux : un site bien construit et un contenu fiable. Sans bases SEO solides, le GEO n'a donc pas de fondations sur lesquelles s'appuyer. La différence se situe surtout dans la manière de penser le contenu : au-delà du positionnement dans les résultats de recherche, il s'agit aussi de produire des contenus précis, fiables et suffisamment qualifiés pour répondre directement aux questions que se posent les utilisateurs.
AEO et GEO, c'est la même chose ?
Les définitions varient. On utilise souvent l'AEO pour parler de réponses directes à des questions et le GEO pour la visibilité dans les réponses générées par l'IA. Dans la pratique, les deux notions se recoupent.
Faut-il créer un fichier llms.txt pour être visible dans les IA ?
Pas pour Google : son guide officiel indique que Google Search n'utilise pas ce type de fichier, et qu'il ne nuit ni n'aide au classement. Mieux vaut consacrer ce temps à vos contenus et à l'accessibilité de votre site.
Comment savoir si mon site apparaît dans les réponses IA de Google ?
Search Console propose un rapport « IA générative » qui montre les impressions de vos pages dans les aperçus IA et le mode IA de Google. Pour ChatGPT, Gemini ou Perplexity, il faut tester les questions de vos clients, régulièrement et avec méthode.
Mon site est bien référencé sur Google. Suis-je visible dans ChatGPT ?
Non. Un bon référencement Google ne garantit pas qu'un site sera cité par ChatGPT ou un autre assistant. L'accès aux contenus, les sources utilisées et les mécanismes de sélection et de génération des réponses jouent aussi un rôle.
Pour aller plus loin
Par Asma Maïa De Jesus, consultante SEO & GEO à Menton. J'accompagne les entreprises à Menton, Monaco, mais aussi en France pour les rendre visibles sur Google et dans les réponses des IA.